REMETTEZ TOUT EN QUESTION!

Hier soir, je donnais un enseignement de judo à des adultes. Le thème du jour consistait en l’étude des techniques permettant de se sortir d’une immobilisation au sol (lorsque l’adversaire nous plaque sur le dos pour nous empêcher de bouger). Je leur transmettais donc deux ou trois techniques que mon «mentor» en Jujitsu Brésilien m’avait transmis.

 

Comme dans n’importe quel domaine depuis la nuit des temps, lorsque deux camps marchent sur les mêmes plates bandes, ils se font la gueguerre! C’est donc PARFOIS le cas entre les pratiquants du judo et ceux du jujitsu brésilien qui, tous deux, pratiquent le combat au sol (mais ils oublient que leur source est la même...l’histoire se répète on dirait :) ! )

 

Les techniques que je transmettais nécessitaient un minimum d’habiletés motrices et également un peu de souplesse. Mais le développement de ces qualités relève de la RESPONSABILITE du pratiquant. Il est évident que dans un cours, qui dure parfois 2h maximum (ce qui est peu compte tenu de tout ce qu’il y a à étudier), nous ne faisons qu’ABORDER le travail du développement des habiletés et de l’agilité, mais il revient à chacun, en dehors, de les cultiver.  L’enseignant aide à planter les graines, l’élève décide d’arroser...ou pas. C’est un peu comme à l’école: on vous apprend les rudiments de l’alphabet, on vous aide à prendre vos premiers livres, mais il vous revient d’en lire d’avantage de votre côté pour que nous puissions avancer au maximum lorsque nous nous retrouvons. Ne venez pas blâmer votre enseignant pour le travail que vous ne faites pas. Pour ce qui a trait de votre souplesse, de votre agilité, de votre coordination, de votre endurance et j’en passe, nous explorons les pistes en entraînement, à vous de les cultiver en dehors donc. Quel que soit votre domaine de travail, vous savez les bases que vous devez solidifier. Ne blâmez pas votre patron pour les compétences que vous ne développez pas. 

 

Etaient donc présents à ce cours deux judokas venant du monde de la compétition. Durant la répétition des techniques, je voyais déjà que l’un d’eux, la ceinture noire, était réticent quant à l’efficacité de la technique étudiée. A un moment, il leva la main, devant les autres élèves, un peu énervé: «Yoann, c’est n’importe quoi ca ne marche pas ton truc!»

 

J’étais bien embêté, car:

 

1/ D’une part, quand je combat, pour moi, ca marche! :)

 

2/ D’autre part, il ne faisait en vérité que me dire quelque chose en sous texte (oui, il y a souvent un sous texte dans le blâme) et c’était: «Je ne sais pas le faire, je n’y arrive pas».

 

Et à l’évidence, sa souplesse étant limitée, l’étude de cette technique le renvoyait à ses faiblesses qu’IL n’a pas eu la responsabilité de développer en tant que combattant. Résultat: il se mettait à blâmer mon enseignement pour ce qu’IL n’avait pas fait.

Soit dit en passant: les autres élèves qui jouissaient d’un minimum de souplesse étaient ravis de la technique!

 

Il voulu donc me tester: «Alors allons-y je t’immobilise et on va voir si tu sors avec ta technique». Traditionnellement, cela ne se fait pas de contredire l’enseignant, mais je trouve cette tradition débile. Et même si les traditions doivent être étudiées, il faut parfois les dépasser. 

 

Manque de bol, je SAVAIS que la technique marchait puisque je l’ai pratiqué des milliers de fois. Effectivement, il serra si fort, en bloquant toutes les possibilités de la technique que je failli avoir un doute quant à son efficacité. Mais je sortais sans peine en remodelant ma posture. Rouge de colère il me dit:

 

«-Ouais mais c’est facile! T’es pas sorti exactement avec la technique montrée.»

Ce à quoi je lui répondis: «Je vous montre une technique éducative de base, à toi de te l’approprier selon tes adversaires».

Et oui! On vous enseigne à mettre un coup de pinceau, mais vous allez le transformer selon la toile...Et selon le pinceau que vous avez en main!

 

Par la suite, j’étais dérangé par son comportement. J’avais pris le fait d’avoir voulu me tester en remettant en question mon enseignement comme un sérieux manque d’humilité. Durant les combats, je n’attendais qu’une chose: qu’il vienne me défier. Et devinez quoi? Tous les élèves sont venus m’inviter à combattre...Sauf lui.

 

J’ai donc médité sur cette émotion que je ressentais jusqu’à, enfin, trouver un enseignement que cet élève me donnait à travers cette expérience:

 

REMETTEZ TOUT EN QUESTION

 

Oui, finalement, il a bien eu raison de remettre en question ce que je lui avait transmis. Evidemment, il y a la façon de le faire, avec respect. Mais cette expérience possède des enseignements sous plusieurs plans.

Dans notre monde, on nous apprend à ingurgiter nos livres d’écoles SANS RIEN REMETTRE EN QUESTION. On vous apprend en cours d’histoire que les choses se sont passées ainsi alors que ce sont les vainqueurs des guerres qui écrivent l’histoire et vos livres pour que vous sachiez seulement ce qu’ils veulent que vous sachiez. On nous impose la conduite à suivre quant aux méthodes curatives à coup de médicaments qui enrichissent les lobbies pharmaceutiques sans que vous ne remettiez en question quoi que ce soit. On vous dicte quoi manger, comment aimer, comment penser, en quoi croire, bref... C’est ce qu’on appelle un conditionnement mental de masse. Résultat: une population bien docile qui se surveille mutuellement.

 

MAIS MALHEUREUSEMENT, LA VIE VOUS A DOTE D’UN CERVEAU! :)

 

Et oui...A partir du moment où vous commencez à vous poser ne serait-ce qu’une seule question à propos d’un sujet, vous court-circuitez définitivement votre conditionnement. Vous utilisez ENFIN votre outil qui fera que vous développerez VOTRE façon de penser unique, VOTRE créativité, VOTRE inspiration, VOTRE perception unique du monde. Mais pas de remise en question des bases qu’on vous a inculqué... pas de créativité. Et pas de créativité...Pas de liberté...Pas de liberté... Pas de bras...pas de ... pardon, reprenons.

 

Finalement, donc, je trouve cela courageux de sa part d’avoir remis en question l’enseignement. Après tout, ce qui est vrai pour l’un ne l’est pas forcement pour l’autre et pour le monde entier. Une technique qui m’est approprié ne l’est pas forcément pour tout le monde. Il faut juste accepter que l’on évolue selon des vérités qui nous aident à avancer à partir de LA OU ON EN EST. Sinon on se met à blâmer.

 

Testez les choses, remettez en question tout ce qu’on vous a appris pour vous approprier votre propre esprit! Votre esprit, c’est votre plus grande richesse!

 

Cependant, ne blâmez pas les autres pour ce que vous ne faites pas. Et si vous ne voulez pas faire, aucun problème, c’est aussi ce qui fait que vous êtes unique, mais ne blâmez pas autrui pour cela, sinon...changez! Personne ne le fera pour vous ;)

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